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Les maladies clostridiennes – Entérotoxémies

Vue d'ensemble

Les maladies clostridiennes regroupent un ensemble complexe d'affections bactériennes touchant de nombreuses espèces animales. Parmi elles, les entérotoxémies provoquées par Clostridium perfringens constituent les maladies clostridiennes les plus importantes chez les animaux d'élevage. Elles affectent principalement les ovins et les caprins, mais peuvent également être observées chez les bovins et d'autres espèces domestiques. La maladie est causée par des souches toxinogènes de Clostridium perfringens, une bactérie anaérobie, Gram positif et sporulée, qui fait naturellement partie de la flore digestive des animaux sains et est largement répandue dans l'environnement. La maladie apparaît lorsque certaines conditions favorisent une prolifération rapide de la bactérie dans l'intestin, entraînant la production de toxines puissantes (TVMDL, 2024).

Parmi les différents toxinotypes de Clostridium perfringens, les types C et D sont les principaux responsables des entérotoxémies chez les ovins et les caprins. Le type A peut également être impliqué dans certaines entérites et dans des cas de mort subite. Le type C provoque principalement des entérites hémorragiques sévères chez les nouveau-nés, tandis que le type D est plus fréquemment observé chez les agneaux et les chevreaux en croissance recevant des rations riches en énergie, où l'excès de glucides favorise la prolifération bactérienne et la production de toxine epsilon (Hussain et al., 2022).

Les autres maladies clostridiennes sont provoquées par différentes espèces de Clostridium, notamment C. novyi, C. chauvoei, C. septicum et C. sordellii. Clostridium novyi type B est responsable de l'hépatite nécrosante infectieuse (black disease), une maladie présente dans le monde entier qui touche principalement les ovins et plus occasionnellement les bovins, en particulier dans les régions où la fasciolose est fréquente. Clostridium novyi type A, largement présent dans le sol et dans l'intestin des herbivores, est souvent associé à des cas de gangrène, tandis que les souches de type C sont considérées comme non toxinogènes.

Clostridium chauvoei et Clostridium septicum appartiennent au groupe des clostridies histotoxiques responsables d'infections des tissus mous chez les ovins, les bovins et les porcins, notamment du charbon symptomatique et des gangrènes gazeuses. Clostridium sordellii, quant à lui, est une bactérie fréquemment retrouvée dans le tube digestif et peut être impliquée dans des cas d'entérite et de mort subite chez les bovins et les ovins.

Les maladies clostridiennes sont responsables d'importantes pertes économiques en élevage, en raison des morts subites, de la forte mortalité des jeunes animaux, de la baisse des performances zootechniques ainsi que des coûts liés au traitement et à la prévention. Les animaux atteints mourant souvent avant même l'apparition de signes cliniques, la prévention, notamment par la vaccination et une gestion alimentaire adaptée, constitue la stratégie la plus efficace de lutte (Veterinaria Digital, 2023).

Pathogénie et facteurs prédisposants

Contrairement à de nombreuses maladies bactériennes, l'entérotoxémie n'est pas considérée comme une maladie contagieuse. Clostridium perfringens est un habitant normal du tube digestif des animaux sains et se retrouve également dans l'environnement. La maladie survient lorsque des modifications de l'environnement intestinal favorisent une multiplication rapide de la bactérie, conduisant à la production de toxines puissantes qui endommagent la muqueuse intestinale avant de diffuser dans la circulation sanguine, provoquant une toxémie sévère (TVMDL, 2024 ; Hussain et al., 2022).

Les changements brusques de l'alimentation constituent le principal facteur déclenchant. Les rations riches en glucides facilement fermentescibles, les transitions alimentaires soudaines, la surconsommation après une période de restriction alimentaire, l'accès à des pâturages très riches ou encore une consommation excessive de lait chez les jeunes animaux favorisent la prolifération de C. perfringens et la production de toxines. Le stress ainsi qu'une mauvaise conduite alimentaire augmentent également le risque d'apparition de la maladie (Veterinaria Digital, 2023).

Les principaux facteurs prédisposants comprennent :

L'hépatite nécrosante infectieuse causée par Clostridium novyi type B survient généralement à la suite de lésions hépatiques provoquées par des abcès, une stéatose, la migration de parasites ou une infestation par les douves du foie. Dans ces zones de nécrose hépatique, les spores dormantes de Clostridium novyi germent, se multiplient et produisent d'importantes quantités de toxine alpha, responsable d'une toxémie rapidement mortelle.

Clostridium chauvoei et Clostridium septicum se multiplient dans les tissus musculaires, où leurs toxines provoquent une myonécrose, des infections des tissus mous et des gangrènes gazeuses.

Signes cliniques

La présentation clinique dépend de l'âge des animaux, du toxinotype impliqué et de la quantité de toxines produites. La maladie évolue le plus souvent sous une forme suraiguë ou aiguë, les animaux étant fréquemment retrouvés morts avant l'apparition de signes cliniques. Les jeunes animaux en pleine croissance et en bon état d'engraissement sont les plus sensibles (TVMDL, 2024 ; Hussain et al., 2022).

Il s'agit de la forme la plus fréquente, notamment chez les agneaux. Les animaux meurent brutalement sans signe préalable ou après une courte phase d'abattement, de décubitus ou de convulsions. Dans de nombreux cas, la mort subite constitue la seule manifestation observée.

Les animaux survivant plus longtemps présentent une dépression marquée, une anorexie, des douleurs abdominales, une diarrhée profuse, une déshydratation ainsi que des signes nerveux tels que l'ataxie, les tremblements musculaires, l'opisthotonos, les mouvements de pédalage ou les convulsions. L'évolution est rapide et la mort survient généralement quelques heures après l'apparition des premiers signes (TVMDL, 2024 ; Hussain et al., 2022).

Plus rare, elle est principalement observée chez des animaux partiellement immunisés ou déjà vaccinés. Les signes cliniques comprennent une diarrhée intermittente, un retard de croissance, un amaigrissement et une baisse des performances, les animaux pouvant survivre plusieurs jours avant de guérir ou de succomber à la maladie.

Cette affection provoque une toxémie rapidement fatale. Les animaux sont généralement retrouvés morts sans signe clinique préalable. Dans certains cas, ils présentent un état d'abattement, une réticence au déplacement et des douleurs abdominales avant de mourir dans les 2 à 12 heures suivant l'apparition des symptômes.

Clostridium septicum est également responsable d'autres formes cliniques caractérisées par des œdèmes, des gangrènes et des toxémies fatales chez les bovins, les chevaux, les ovins, les caprins et les porcins.

L'évolution est généralement suraiguë et se traduit par une mort subite. Les lésions observées à l'autopsie comprennent une congestion veineuse sous-cutanée, des foyers de nécrose hépatique, des épanchements pleuraux et péricardiques ainsi que des lésions compatibles avec une infestation par les douves du foie.

Le charbon symptomatique est une infection mortelle principalement causée par Clostridium chauvoei, bien que Clostridium septicum et Clostridium sordellii puissent également être impliqués. La maladie est caractérisée par une myosite gangréneuse associée à une toxémie. Elle touche principalement les jeunes bovins âgés de 4 mois à 2 ans.

L'apparition est généralement brutale et les animaux peuvent être retrouvés morts sans signe annonciateur. Les premiers signes consistent en un gonflement musculaire chaud et douloureux, qui augmente progressivement de volume avant de devenir froid et crépitant à la palpation. Les lésions siègent principalement au niveau des membres, de la hanche, de l'épaule ou de l'encolure. La mort survient généralement dans les 24 à 48 heures suivant l'apparition des signes cliniques.

À l'autopsie, les muscles atteints présentent des zones rouges foncé à noires de nécrose sèche, entourées d'un emphysème caractérisé par la présence de bulles de gaz.

Prévention et contrôle

La prévention des maladies clostridiennes repose sur une combinaison de bonnes pratiques alimentaires, d'une conduite sanitaire rigoureuse des élevages et de la vaccination. La vaccination est reconnue comme la mesure la plus efficace pour prévenir les principales maladies clostridiennes. Une immunisation régulière protège les animaux contre les principales toxines responsables de ces affections, réduit la mortalité, améliore les performances des troupeaux et limite les pertes économiques.

Solutions MCI

MCI Santé Animale propose une gamme complète de vaccins clostridiens inactivés destinés à la prévention et au contrôle des maladies clostridiennes chez les ruminants. Disponibles sous forme de vaccins monovalents ou multivalents, ces solutions répondent aux besoins des différentes espèces, systèmes d'élevage et programmes de prophylaxie.

La gamme de vaccins clostridiens MCI comprend :

OVIPAN S
OVIPAN S

Vaccin contenant Clostridium perfringens types A, B, C et D, Clostridium septicum, Clostridium novyi type B et Clostridium sordellii, destiné à la prévention des entérotoxémies et des principales maladies clostridiennes chez les ruminants.

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IMOTOXAN
IMOTOXAN

Vaccin associant Clostridium perfringens types B, C et D, Clostridium septicum, Clostridium novyi type B, Clostridium tetani et Clostridium chauvoei, offrant une large protection contre les maladies clostridiennes chez les bovins, les ovins et les caprins.

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MULTIVAX
MULTIVAX

Vaccin contenant Clostridium perfringens types A, B, C et D, Clostridium septicum, Clostridium novyi, Clostridium tetani et Clostridium chauvoei, assurant une protection étendue contre les principales maladies clostridiennes chez les bovins, les ovins et les caprins.

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SARDIVAC
SARDIVAC

Vaccin combinant des antigènes clostridiens avec Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida, Corynebacterium pseudotuberculosis, Trueperella pyogenes, Staphylococcus aureus, Staphylococcus aureus subsp. anaerobius et Escherichia coli, destiné à la prévention des entérotoxémies, des gangrènes gazeuses, de la pasteurellose, de la colibacillose septicémique et de la maladie des abcès chez les ovins et les caprins.

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VAXAID
VAXAID

Vaccin associant des antigènes clostridiens à Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida et Escherichia coli, destiné à la prévention des entérotoxémies, des gangrènes gazeuses, de la pasteurellose et de la colibacillose septicémique chez les bovins, les ovins et les caprins.

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CAMEL MULTIVAX
CAMEL MULTIVAX

Vaccin combinant des antigènes clostridiens avec Pasteurella multocida, Mannheimia haemolytica et Corynebacterium pseudotuberculosis, destiné à la prévention des entérotoxémies, de la pasteurellose et de la maladie des abcès chez les camélidés.

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Références

Hussain, R., Guangbin, Z., Abbas, R. Z., Siddique, A., Mohiuddin, M., Khan, I., Rehman, T., & Khan, A. (2022). Clostridium perfringens types A and D involved in peracute deaths in goats kept in the Cholistan ecosystem during winter season. Frontiers in Veterinary Science, 9, 849856. https://doi.org/10.3389/fvets.2022.849856

Texas A&M Veterinary Medical Diagnostic Laboratory. (2024). Enterotoxemia in sheep and goats. Texas A&M University. https://tvmdl.tamu.edu/case-studies/enterotoxemia-in-sheep-and-goats/

Veterinaria Digital. (2023). Enterotoxemia in calves: Challenges, clinical signs, diagnosis and prevention strategies. https://www.veterinariadigital.com/en/articulos/enterotoxemia-in-calves-challenges-clinical-signs-diagnosis-and-prevention-strategies/